Cette chronique nous parvient de Jérusalem, où l’on nous raconte comment la célébration d’une messe prévue le 28 février a dû être reportée en raison du déclenchement d’un nouveau conflit armé dans la région.

« Le courage ne rugit pas toujours. Parfois, le courage est la voix calme qui, à la fin de la journée, dit : « Demain, je réessaierai ». Mary Anne Radmacher
Le 28 février dernier, nous avions prévu une célébration mariale, avec les migrants installés à Shua’fat et d’autres amis. Nous devions nous réunir au siège de l’Institution Thérésienne à Jérusalem.
Nous avions pensé à une journée, pour honorer Notre-Dame au cours des différents événements de sa vie, en commençant par la Présentation de l’enfant Jésus au Temple et sa Purification. De plus, au cours de ce même mois, le 11 février, c’était Notre Dame de Lourdes, et nous avions célébré ses apparitions, les miracles de guérison associés à cette journée. La très Sainte Vierge est aussi très présente dans les écrits du fondateur, Saint Pedro Poveda, dont l’amour à Marie est un héritage permanent pour les membres de l’IT.
Tous les plans étaient confirmés. Mais nous étions loin d’imaginer que le samedi 28 remettrait en question tous nos projets. Le son d’une sirène, tôt le matin, et des explosions successives ont commencé à ébranler notre détermination. Une autre a suivi, puis une autre encore. Après nous être concertés, nous avons alors décidé d’arrêter nos projets. La prudence et la certitude d’avoir une autre occasion de célébrer, ont été notre principale motivation. Les jours très troublés qui ont suivi nous ont donné raison d’avoir renoncé, non par faiblesse, mais parce que nous savons « qu’il y a un temps pour tout » comme le dit l’Ecclésiaste. Les préparatifs pour le repas : un échange de plats, partagés habituellement, étaient terminés. Un membre très courageux, le coordinateur du groupe d’étude biblique, a décidé de tout rassembler et de distribuer la nourriture. C’était sans aucun doute la charité en action, pratiquée pendant le Carême.

Célébration de l’Eucharistie
Les jours ont passé. Et aujourd’hui, le 7 mars, a été « le jour J ». A la même heure et dans le même lieu, mais cette fois-ci, avec quelques mesures de précaution, en suivant les recommandations émises : pas plus de 50 personnes et près d’un lieu sécurisé où se réfugier en cas d’attaques. La chapelle est au troisième étage. Aussi nous avons transformé la salle de classe, qui est au rez-de chaussée en une chapelle improvisée, d’une capacité de 20 à 30 personnes maximum, avec un accès facile à « un lieu sécurisé ».
La journée a commencé par une forte explosion à 5 heures du matin. Elle a été suivie par une autre à midi. L’expérience passée nous a donné la résistance nécessaire pour supporter ces aléas. Le célébrant, le père Matthew Countinho, également vicaire des travailleurs migrants, et demandeurs d’asile, est arrivé rapidement, plein d’entrain. Il nous a tous encouragés grâce à sa détermination et à sa joie. Les photos que nous vous partageons ci-dessous parlent d’elles-mêmes, la voix sereine de la fin de la journée qui dit : « Demain, je réessaierai » !
Le climat était celui d’une réunion des « premiers chrétiens » qui se rassemblaient pour rompre le pain, écouter la Parole de Dieu et recevoir l’Eucharistie. Une célébration de la vie des personnes nées en février et en mars, a suivi une matinée étonnamment calme.
Face à l’agitation continue, nous comptons sur le soutien et les prières des uns et des autres. Nous croyons effectivement, que le Seigneur, Dieu de l’Histoire, est notre bouclier et notre refuge, toujours là pour nous protéger.
IT à Jerusalén.
Original en anglais.
Traduction Equipe de Traduction.




