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InteRed a organisé, le 28 mai, une conférence en ligne intitulée : « L’affrontement armé dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), un conflit invisible », afin d’analyser les clés du conflit armé du pays et connaître son impact sur la population la plus vulnérable.

Près de 90 personnes ont assisté à cette rencontre virtuelle qui s’est appuyée sur l’intervention de deux experts : Josep Maria Royo Aspa, chercheur du Programme Conflits et construction de paix, à l’Ecole de culture de Pau (UAB), et Monica Corna, représentante légale dans la RD Congo de l’ONG italienne, Volontaire internationale pour la Sviluppo (VIS) qui vit depuis plus de 20 ans dans le pays.

Invisible dans les moyens de communication

L’événement a été animé par Andres Diaz, technicien de la branche des programmes à InteRed. Cette ONG soutient des projets dans la région du Nord Kivu depuis 2007, où ont déjà péri plus de 7 millions de personnes à la suite du conflit. Cette situation a provoqué le plus grand mouvement de population, le plus complexe et le plus long de l’Afrique avec le déplacement de 6,2 millions de personnes.

Or, cette tragédie est très peu présente dans les moyens de communication : « On trouve seulement entre 20 et 25 informations sur une année entière » a indiqué l’animateur.

Origines et causes du conflit au Congo

A la suite, Josep Maria Royo Aspa a expliqué les points importants de la situation, à l’aide d’un parcours historique et géopolitique précis.

En parallèle, il a souligné que la RDC a une superficie de 2,3 millions de km2, 11000km de frontières et est entourée par 9 états. « Cela représente des difficultés systémiques pour construire un Etat » a-t-il dit.

De plus, l’Angola, le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda sont intervenus directement et indirectement dans les soulèvements du pays : génocide du Rwanda (1984) ou la guerre mondiale en Afrique (1998), entre autres.

En 2008, on a réussi à avoir un accord de paix, mais maintenant la situation est très tendue et semblable à celle de 1998.

Les causes de fond de ce qui se passe en RDC sont les mêmes qu’il y a 26 ans. « D’abord, c’est l’exploitation des ressources naturelles : la région est riche en or, coltan, uranium. Ce qui fait que les entreprises et les nations du monde entier s’enrichissent à ses dépens et que la corruption existe au sein du gouvernement congolais. »

Une autre question c’est que l’usage et la propriété de la terre est source de conflit.

Il faut ajouter la présence de nombreux réfugiés du Rwanda et du Burundi qui ne sont pas reconnus par la RDC. La tension est chaque fois plus grande, car la RDC accuse le Rwanda de soutenir le groupe armé Mouvement du 23 mars (M23), dans le nord Kivu.

La population

Monica Corna a insisté pour dire que la situation est très compliquée : « L’éruption d’un volcan dans cette zone, a favorisé l’augmentation des réfugiés. Il y a sept millions de personnes sans abri, des maladies comme l’ébola, et depuis un an, aucune aide humanitaire. »

Cependant, la bénévole a apporté une nuance en disant que la population a une grande capacité d’adaptation. Quant aux femmes, leur situation a empiré et les violences sexuelles ont augmenté.

On a fait allusion aussi aux Nations Unies, qui ont souffert d’un discrédit à cause du nombre de soldats sur place (20.000) et parce que quelques-uns ont été responsables d’abus sexuels et de violation des droits humains. Cependant Josep a apporté une nuance en disant qu’il y a des intérêts à discréditer leur travail.

Au cours du dialogue final, Jacinthe Nkongolo, membre de l’IT et déléguée du Congo, est intervenue pour souligner le travail accompli par Intered et d’autres ONG.

 

Info IT.
Les photos sont extraites de l’exposition de Monica Corna.
Équipe de traductions de l'IT.

 

 

 

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