Rosario Alves, membre de l'Institution Thérésienne en Uruguay, explique le projet socio-éducatif auquel l'IT collabore depuis trois ans dans le diocèse de Maldonado-Punta del Este Minas.

Comment est née la collaboration de l'IT à ce projet socio-éducatif ?
Elle est due à l'évêque du diocèse de Maldonado-Punta del Este Minas y Rocha, Monseigneur Milton Trócoli. Il y a quelques années, il a proposé à Maite Uribe, alors directrice générale de l'IT, la possibilité de construire une chapelle portant le nom de saint Pedro Poveda et saint François d'Assise. En même temps, il lui a demandé que l'Institution participe à un projet socio-éducatif dans la station balnéaire de Buenos Aires, située dans le département de Maldonado.
Quelles ont été les différentes étapes ?
Alors que la collaboration prenait forme, plusieurs membres IT ont passé une année à prendre contact avec la communauté de cette station balnéaire Buenos Aires. Il s'agissait de connaître le contexte, de voir ce que faisaient les gens, le type de familles et le nombre d'enfants, les établissements scolaires et l'activité commerciale.
Nous avons ainsi élaboré un diagnostic après avoir étudié le contexte du point de vue de deux membres IT travailleuses sociales, Roxana Revetria et Alejandra Pena, et du point de vue de l'éducation pour ma part.
Nous avons découvert que la grande lacune de la région est le manque de soutien aux enfants et aux adolescents lorsqu'ils quittent l'établissement d'enseignement formel qu'ils fréquentent : une école de cinq classes, 380 enfants et seulement quatre heures d'activité.
Quand le projet sera-t-il lancé ?
L'Uruguay a beaucoup de possibilités, puisque depuis plus de 25 ans, l'État conclut des accords avec des institutions privées pour développer des propositions socio-éducatives. C'est dans le cadre de cette politique sociale du pays qu'a été présenté le projet socio-éducatif "Convention de Club des enfants", de 4 à 13 ans. Il s'agit d'une activité complémentaire à l'éducation formelle.
Le diocèse est responsable du projet, qui est géré par l'Institution Thérésienne.
Tout cela a nécessité deux ans de préparation. Cependant, lorsque le projet a été présenté, il n'y avait plus de possibilité de financement par l'État en raison des élections générales et du changement de gouvernement. En août, le nouveau budget du pays sera approuvé et la convention sera à nouveau demandée, ce qui ne signifie pas qu’elle ait été mise de côté puisque la communication adéquate a été faite, et le projet attend donc d'obtenir un financement. 
Comment travaillez-vous en attendant ?
Étant donné que cela ne se fera probablement pas avant la fin de l'année, nous avons décidé, en tant qu'Institution, d’aller vivre dans la station balnéaire de Buenos Aires, au moment de l'inauguration de la chapelle de Saint Pedro Poveda et Saint François d’Assise, qui a eu lieu le 12 avril.
La chapelle est une salle polyvalente où d'autres activités peuvent avoir lieu. Par exemple, un espace
d'écoute est en cours d'organisation pour les personnes qui souhaitent dialoguer et ont besoin d'être accompagnées. Une autre activité est l'éducation à la foi pour les enfants, les adolescents et les jeunes. Nous allons également mettre en place une éducation à la foi pour les adultes ayant des besoins éducatifs particuliers. Actuellement, nous accompagnons la gestion socioculturelle de la chapelle.
Au niveau de l’IT, nous nous concentrons aussi sur la mise en réseau avec d'autres institutions de la région. Nous pouvons dans ce cadre détecter des personnes, des familles, des habitants, en situation de vulnérabilité ou de risque ou qui ont subi un préjudice. Nous les accompagnons par le biais de visites à domicile et nous observons en même temps dans quelle activité elles peuvent être intégrées. Dans ce cas, nous sommes soutenus par l'ONG InteRed en tant que projet socio-éducatif de l’IT.
D'autre part, nous attendons toujours car le diocèse a demandé l'aide de diverses organisations internationales pour la construction d'une série de salles autour de la chapelle afin de développer la proposition socio-éducative.
Vous êtes impatients de commencer ?
Nous attendons en effet avec impatience car c'est une nécessité pour la région. Cette zone est située entre les stations balnéaires de Punta del Este et de José Ignacio, deux stations balnéaires d'un niveau économique, culturel et social élevé, fréquentées par de nombreux artistes. Cependant, cette enclave, qui se trouve entre les deux, est l'un des coins oubliés du pays.
La population de cette station balnéaire est composée de personnes qui travaillent dans les services à domicile, la construction, la réception d'hôtels, le ménage d'hôtels, de centres scolaires et de clubs, tant à Punta del Este qu'à José Ignacio. Il faut tenir compte du fait que les deux villes sont principalement fréquentées par les touristes de septembre à mars.

De quelle manière les membres des associations ACIT soutiennent-ils le projet ?
Ils sont présents lors des célébrations, certains ont participé à la prise de contact avec les familles et les voisins, et ont organisé des ateliers. L'ensemble de l’IT en Uruguay collabore. Certains membres sont impliqués quotidiennement, d'autres à certains moments.
Par exemple, la consécration de l'autel et la bénédiction de la chapelle ont eu lieu récemment et la majorité de ceux qui pouvaient venir l’ont fait. Pour les célébrations de la Semaine Sainte, quelques membres ACIT nous ont rejointes. Une mission d'évangélisation a été menée avec des jeunes
d’une résidence d’étudiants et de la résidence IT pour étudiantes de Montevideo. Nous avons passé trois jours et demi avec 20 jeunes qui sont venus pour connaître la réalité, entrer en contact avec les gens, les inviter à célébrer, identifier les besoins. Aujourd'hui, grâce à cette mission, nous qui vivons ici, nous avons un plus grand contact avec des personnes que nous n'avions pas atteintes auparavant.
Quels sont les principaux besoins de cette station balnéaire ?
D'une part, il y a la solitude dans laquelle vivent de nombreuses personnes âgées, et il est donc essentiel de les accompagner. Mais aussi, gérer certaines situations de la petite enfance et de l'enfance, des adolescents, être avec les familles qui sont dans une situation de vulnérabilité, parfois en aidant à la gestion des services de l'État, comme les paniers alimentaires, et parfois avec un salaire de solidarité ou dans certaines questions de santé. Il y a une polyclinique qui fonctionne 24 heures sur 24, mais il y a des besoins spécifiques en matière de santé.
Quelle est la situation de la communauté catholique dans le pays ?
L'Uruguay est un pays laïc où la liberté de culte est respectée. Il y a de nombreuses églises dans la région. Nous pensons que la communauté catholique a été jusqu'à présent très petite, mais maintenant que nous entrons en contact, en nous impliquant dans les besoins sociaux, de santé, d'alimentation, d'accompagnement, nous commençons à remarquer un changement. En d'autres termes, lorsque les gens commencent à sentir qu'ils sont traités avec dignité dans leur situation, ils commencent à s'intégrer, à remercier, à célébrer et aussi à demander.
La chapelle devient un lieu de rencontre avec eux-mêmes, avec d'autres personnes, pour tisser un réseau communautaire en adéquation avec leurs besoins alimentaires, sociaux, sanitaires, culturels et spirituels.
Comment vivez-vous cette initiative ?
C'est très beau. C'est très agréable de vivre avec deux personnes plus jeunes qui sont très créatives, très intéressées et engagées dans ce processus, et c'est très encourageant et plein d'espoir en cette année de l’espérance.
Teresa Rey. Informations IT.
Équipe de traduction IT




