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Le Conseil européen a adopté le Pacte européen sur la migration et l’asile (PEMA) le 14 mai 2024. Cet accord comprend un ensemble de mesures juridiques établissant un nouveau cadre légal pour l’Union européenne dans le domaine de la migration et de la protection internationale. Pour mieux connaitre ces nouveaux développements, le Secteur d'action sociale de l'Institution Thérésienne en Espagne a organisé quelques jours plus tard, le 22 mai, une rencontre en ligne durant laquelle intervenait Patricia Fernández Vicens, avocate et défenseure reconnue des droits des personnes migrantes. 

Marga Usano, de l’équipe du Secteur d’action sociale, a présenté la rencontre, intitulée : “Regard critique sur le Pacte européen pour la règlementation des personnes migrantes”, à laquelle participaient plus de 130 personnes des quatre coins du monde. Usano leur a d’abord donné le contexte, avant de laisser la parole à Patricia Fernández. 

La migration: un problème de gestion ?  

Selon les explications de l’avocate, la genèse du PEMA remonte à 2015, à la suite du déplacement de personnes vers l'Europe causé par la guerre en Syrie. À cette époque, l'Union européenne commence à percevoir l'immigration comme un problème de gestion. Cependant, plusieurs organisations et experts en droits de l'homme affirment que cette réforme implique des risques pour le droit d'asile, et met l'accent sur des mesures liées à l'externalisation des frontières et au retour dans des pays tiers. 

Réfugiés de Syrie @UNHCR/Hameed Maarouf. 

Refugiados Siria UNHCRPriscilla Gracinda Gomes

Réfugiés de Syrie @UNHCR/Priscilla Gracinda Gomes.

Du point de vue de l'avocate, bien que l'intention formelle du PEMA soit de préserver l'asile et d'établir des voies d'immigration ordonnées et sûres, la vérité est que si nous analysons le texte juridique en détail, il rend réellement difficile la protection des personnes vulnérables. Elle a également déclaré qu'il y avait trahison de l'une des valeurs fondamentales de l'UE, la fraternité, reconnue dans la Déclaration des droits de l'homme. Une valeur non seulement extraordinaire, mais aussi légale, a-t-elle ajouté. 

Elle a ensuite présenté les dix instruments juridiques composant le PEMA, à savoir neuf règlements et une directive. 
Patricia Fernández Vicens abogada

Réflexions   

Un bref débat a enfin eu lieu, au cours duquel diverses questions ont été soulevées. Certaines concernaient la clarification des concepts juridiques, mais, en même temps, une réflexion a émergé. Il y a eu des propositions sur la manière d'aller de l'avant, sur ce qui peut être fait et sur la manière d'agir pour garantir aux personnes arrivant aux frontières de l'Europe une réponse ordonnée, durable et respectueuse des droits de l'homme. 

En ce sens, Patricia Fernández a indiqué que juillet 2026 est la date limite pour la mise en œuvre du PEMA. Bien que la marge de manœuvre soit faible, il est important de se positionner, se mettre en réseau et réaliser un grand pacte de la société civile espagnole:Nous devons décider comment éviter les violations des droits de l'homme dans les espaces de détention qui seront créés pour les migrants et les demandeurs d'asile, et comment, face à l'hostilité et au rejet, générer une culture de l'accueil et de l’hospitalité

Davantage d’information sur la page web de l’Institution Thérésienne en Espagne  

IT en Espagne.

 

 

 

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