À Bethléem et à Jérusalem, les membres de l’Institution Thérésienne ont abordé la nécessité du dialogue interreligieux avec ouverture d’esprit et rigueur lors de différentes rencontres qui se sont succédé les 7 et 9 mai.
Lors de la planification en début d’année universitaire, les membres de l’Institution Thérésienne de Bethléem et de Jérusalem ont noté dans leurs agendas la date du 7 mai avec la mention « Conférence sur le dialogue interreligieux ». Nous avions décidé d’inviter le P. Garrett Gundlach, prêtre jésuite enseignant à l’université de Bethléem, afin d’explorer les relations entre musulmans et chrétiens, en particulier dans le contexte de la Terre Sainte, encore sous le choc des séquelles de la guerre.

Tendre des ponts
Parmi les enseignements clés que nous avons tirés, il y a le fait qu’écouter, ou mieux encore, apprendre à écouter, ouvrir nos cœurs à la réalité de l’autre avec respect et compréhension, contribuera à jeter des ponts de confiance, susceptibles de mener au dialogue.
L’intervention de Garrett Gundlach était à la fois bien documentée et terre-à-terre. Il n’y a pas eu de discours « d’élite » sur les différences religieuses, mais des idées pratiques ont été partagées pour progresser vers un bien-être plus équilibré, ce qui a conduit à un échange intéressant et éclairant d’expériences de la vie quotidienne entre les participants.

Nous avons formulé quelques conclusions ou idées clés qu’il est nécessaire de reconnaître pour pouvoir avancer :
→ Nous adorons le même Dieu que nos voisins musulmans, même si nous mettons l’accent sur des aspects très différents de ce Dieu.
→ Dieu est à l’œuvre dans l’islam !
→ Questions clés que je me pose sur le dialogue entre musulmans et chrétiens : Qui sont mes amis musulmans ? Qu’est-ce que j’aime dans l’islam et la vie musulmane ? Que puis-je apprendre sur Dieu à partir de l’islam et de la vie musulmane ?
→ Cette amitié m’amène alors à me demander : Qu’est-ce que j’aime dans le christianisme et la vie chrétienne ? Que puis-je partager sur Dieu d’un point de vue chrétien ?
Et, comme l’a si bien rappelé l’un des participants, ces mêmes « idées et questions clés » peuvent être posées et appliquées si l’on pense à nos autres frères et sœurs du judaïsme (en fait, à presque toutes les autres confessions, comme le bouddhisme et l’hindouisme, etc.).
Ces questions et affirmations clés ont donc ouvert la voie pour partager comment, dans le contexte où nous nous trouvons, le respect et l’amitié envers l’autre, avec qui nous avons grandi, ou avec qui nous étudions et travaillons, sont en réalité notre « pain quotidien ».

Avec le Patriarche
Par ailleurs, les membres de l’IT ont participé, le 9 mai, à une rencontre avec le Patriarche latin, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, afin d’aborder sa dernière lettre pastorale intitulée « Ils retournèrent à Jérusalem dans une grande joie. Une proposition pour vivre la vocation de l’Église en Terre Sainte ».
Cette rencontre remplie de l’Esprit a été un moment de grâce pour ceux qui y ont assisté. Il était important d’être là pour écouter la voix du Pasteur de notre Église à Jérusalem.
La célébration eucharistique a été concélébrée par des prêtres du Néocatéchuménat à la « Domus Mambré », là où se trouve la Maison d’Abraham, au nord-est de Jérusalem.
La lettre du cardinal Pizzaballa nous encourage à engager un « dialogue de vie » plutôt qu’un « dialogue d’élites » et à nous engager dans des pratiques quotidiennes qui témoignent de la rencontre et de l’ouverture plutôt que de l’isolement et du repli sur soi.
Le Patriarche, dans la première partie de sa lettre, « lire la réalité, considérer le présent », écrit :
« … pour nous, chrétiens, le dialogue n’est pas une option, c’est une nécessité vitale. Nos enfants – chrétiens et musulmans – vont à l’école ensemble, nos malades sont soignés dans les mêmes hôpitaux, où aucune distinction n’est faite entre juifs, chrétiens, musulmans et adeptes d’autres confessions. Nos pauvres partagent les mêmes besoins. Sans relation avec les autres confessions, nous n’avons pas d’avenir. Mais le problème est plus profond : le dialogue est notre vocation et notre destin. C’est l’une des façons dont notre foi se manifeste et se nourrit ».
Le dialogue — interconfessionnel, œcuménique et interreligieux — est abordé dans la troisième partie de la lettre pastorale, où l’auteur expose certaines implications pastorales afin que chacun d’entre nous puisse les lire, y réfléchir et les mettre en pratique dans les différents contextes.
La rencontre d’environ deux heures avec le cardinal Pierbattista Pizzaballa a mis en lumière de sérieuses préoccupations, mais aussi des espoirs et des désirs d’aller de l’avant. De même, nous avons reçu l’assurance que nous ne sommes pas seuls sur ce chemin difficile et exigeant et que, avec espoir, nous devons travailler ensemble pour « promouvoir l’art de la rencontre ».
Texte et photos IT Bethléem-Jérusalem.
L'équipe de TA Traducteurs.




